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L’éco-paysage de la théorie à la pratique …

A l’occasion d’un article dédié, nous partagions avec vous en janvier dernier, notre vision de l’éco-paysage et de cette approche qui nous est si chère, alliant les compétences écologues à celles du paysagiste.

C’est à cette même période que s’est clôturé l’accompagnement que nous avions initié en décembre 2020 auprès d’INRAE, dans le cadre d’un projet d’éco-paysage sur le site de Saint-Gilles. L’occasion pour nous de revenir en pratique sur ces notions théoriques évoquées il y a quelques semaines.

L’éco-paysage comme une opportunité à la transition

INRAE a engagé en 2014 des réflexions autour de la question de la gestion des espaces verts du site de Saint-Gilles.
En 2020, les relais Développement Durable du site, appuyés par la mission Développement Durable et avec le soutien des directeurs d’unité, décident de faire appel à un prestataire extérieur pour les épauler dans cette réflexion ainsi que sur l’aménagement paysager plus global de l’entrée du site.

La gestion jusqu’alors conventionnelle des espaces verts du site laisse peu de place à l’accueil des espèces. L’entretien réalisé mobilise des moyens humains et financiers uniforme sur l’ensemble des espaces du site. Cette approche est déconnectée de l’usage et de la fréquentation des espaces verts, jusqu’alors peu investis par les salariés.

Lieu de recherche et d’ingénierie agronomique, le site accueille régulièrement des visiteurs. Ainsi, patrimoines bâtis et naturels constituent la vitrine du site INRAE de Saint-Gilles, tout particulièrement en entrée de site.

En décembre 2020, les entreprises DERVENN et AMPHIPTERE sont alors missionnées pour accompagner INRAE dans cette réflexion à travers 3 grands objectifs :

    • Développer la biodiversité par une action paysagère sur les espaces verts autour des bâtiments,
    • Optimiser la gestion des espaces verts (y.c. économique) à travers une approche intégrée de l’aménagement paysager du site,
    • Améliorer le cadre de vie, de nature et de bien être pour les collaborateurs et visiteurs.

Le facteur clé de succès : une approche concertée

Le contexte de cet accompagnement implique une diversité d’acteurs dont les enjeux respectifs doivent être pris en compte. Si la demande est portée les relais Développement Durable du Centre des unités présentes sur le site de Saint Gilles, elle est appuyée par la mission Développement Durable du centre INRAE. Les directeurs des unités scientifiques du site sont des parties prenantes importantes du projet puisque responsables des actions menées et potentiels financeurs. Enfin, les relais Développement Durable ont souhaité inclure dans le projet les collègues travaillant sur le site dans la perspective d’une réappropriation des espaces verts par les usagers. Tous ces acteurs doivent nécessairement être associés au projet d’éco-paysage.

Pour répondre à toutes ces attentes, les parties prenantes du projet ont donc mis en œuvre une stratégie de concertation basée sur un sondage préalable et 3 temps d’échanges :

 

  • Un sondage préalable auprès des agents a été réalisé pour recueillir les différentes attentes. Ce sondage, qui a reçu une large adhésion et permis une forte mobilisation, a également permis de dégager un certain nombre d’enjeux et de problématiques auxquels les relais Développement Durable n’avaient pas initialement pensé, enrichissant ainsi le projet.

 

  • La conduite d’un atelier “Sérious game »

→ A l’occasion d’un atelier dédié, 3 groupes de salariés ont travaillé sur la définition d’un projet d’aménagement idéalisé pour répondre aux objectifs posés (voir ci-dessus). Chaque groupe produisant une proposition d’aménagement sur la base de ces réflexions.

 

  • La proposition d’un quatrième scénario d’aménagement

→ Sur la base des propositions précédentes, un quatrième scénario d’aménagement a été conçu et proposé à titre d’expert par le groupement Dervenn – Amphiptère, synthétisant et complétant les scénarii précédents.

  • Des temps d’arbitrages intermédiaires

→ Les échanges intermédiaires sur la base des scénarios d’aménagement formalisés ont conduit à un vote de l’ensemble des parties prenantes permettant de faire le choix de la proposition d’aménagement la plus appropriée et d’en définir les ajustements.

La définition concertée du projet d’aménagement est en effet déterminante pour faciliter l’acceptation et l’appropriation du projet paysager.

Différents scénarii d’aménagement

Une proposition paysagère croisant les usages et les écosystèmes

La proposition paysagère retenue est pensée selon une approche systémique s’inscrivant ainsi dans le grand paysage de la région bocagère de Saint-Gilles. Sur les bases de la trame bocagère historique (chênes en émonde) et plus récente (haies périphériques), la proposition prévoit une palette d’écosystèmes (habitats de prairies, de boisements, de zones humides, …) mise en parallèle avec les usages projetés sur le site.

La proposition paysagère a donc été pensée selon les grands principes suivants ;

  • Une valorisation du patrimoine historique local dans le paysage (systèmes bocagers, vergers conservatoires, éléments de culture paysanne de type murets de pierre sèche, haies, …)
  • La promotion de l’identité agricole du site INRAE de Saint-Gilles (palette végétale de phytothérapie porcine, exploitants agricoles locaux  ; fauche, apiculture, …)
  • La reconsidération des espaces verts comme lieux de productions (palette végétale comestible, production apicole, verger conservatoire, …)
  • Le réinvestissement en lieu de vie des espaces verts (espaces de cheminements, de convivialité, de contemplation, …)

 

Cette approche garantit ainsi les réponses aux objectifs fixés c’est à dire :

  • Une amélioration générale du cadre de travail des usagers par la création d’espaces qualitatifs, mis en parallèle avec les besoins exprimés,
  • Une diversification des strates végétales et des habitats écologiques pour l’accueil des espèces,
  • Un rééquilibrage du volume d’arbres se développant sur site, propice à l’expression d’une biodiversité spécifique,
  • Une diversification des modes d’entretien,
  • Une répartition de la charge d’entretien dans le temps (liée à la définition de nouveaux espaces avec des besoins et saisonnalités d’entretien différents)
  • Une réduction des besoins chroniques d’entretien (en capitalisant sur le développement d’un patrimoine arboré demandant un entretien moins chronophage)
  • Une valorisation du travail à travers le développement d’une ingénierie pour l’entretien des nouveaux espaces (plan de gestion du site)
  • Le développement d’espaces supports permettant un accompagnement à la transition pour un entretien alternatif (supports de sensibilisation, de communication, …)


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