Qu’est-ce qu’un volet paysager ?
Le volet paysager est une composante essentielle des études réglementaires. On le retrouve le plus souvent dans les études d’impact.
Il a pour objectif d’analyser l’insertion d’un projet dans son environnement paysager. En d’autres termes, il permet de comprendre comment un projet sera perçu depuis ses alentours.
Pourquoi réaliser un volet paysager au sein des études réglementaires ?
La réalisation d’un volet paysager répond à une obligation réglementaire. Lorsqu’un projet est susceptible de modifier l’aspect d’un territoire, la réglementation impose au porteur du projet de démontrer qu’il a :
- Identifié les sensibilités paysagères du site du projet ;
- Mis en œuvre des solutions pour favoriser l’intégration paysagère du projet.
Que contient un volet paysager ?
Le volet paysager s’organise généralement en deux grandes parties :
- L’analyse de l’état initial du paysage ;
- L’étude des impacts du projet et des mesures paysagères mises en œuvre.
I. Analyse de l’état initial du paysage
Cette première étape vise à :
- Comprendre le paysage existant ;
- Analyser les perceptions visuelles du site du projet depuis ses alentours.
Un même projet peut en effet apparaître discret ou très intrusif, selon le contexte paysager, le relief, la végétation ou les points de vue.
L’analyse de l’état initial du paysage suit une méthodologie en 4 étapes :
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Analyse documentaire
À partir de cartographies et d’atlas paysagers locaux, il s’agit de :
- Qualifier le paysage du site du projet (agricole, industriel, naturel…) ;
- Identifier le relief, la végétation, les cours d’eau à proximité ;
- Recenser le patrimoine protégé (monuments historiques, sites classés ou inscrits…) ;
- Répertorier d’autres éléments sensibles : sentiers de randonnée, centres-bourgs, habitations…

Exemple de localisation d’éléments patrimoniaux
Par exemple : le site du projet peut être un terrain agricole bordé de haies discontinues, au sein d’un paysage de bocage, où passe une autoroute et se trouve un château inscrit au titre des Monuments historiques.
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Préparation du travail de terrain
L’analyse documentaire précédente permet de définir :
- Une aire d’étude rapprochée (généralement dans un rayon d’1 km du site du projet) ;
- Une aire d’étude éloignée (pouvant aller jusqu’à 3 km du site du projet) ;
- Ainsi que les points de vue pertinents à analyser.

Exemple de périmètre d’étude
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Travail de terrain
Des visites du site du projet sont ensuite réalisées afin de :
- Procéder à des prises de vues photographiques ;
- Affiner l’analyse paysagère.
Par exemple : repérer la présence d’un belvédère, ou d’un sentier de petite randonnée à proximité.
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Analyse des perceptions visuelles
Enfin, les photographies sont exploitées pour identifier :
- Les lieux depuis lesquels le site du projet est visible ;
- Le niveau d’enjeu paysager pour chacun de ces lieux (selon la fréquentation, l’importance touristique ou patrimoniale et l’intensité de la perception visuelle).

Exemple de cartographie du contexte paysager
Par exemple : si, depuis un château inscrit au titre des Monuments historiques, la topographie masque complètement le site du projet, le niveau d’enjeu paysager est considéré comme nul. En revanche si, depuis les lieux-dits qui jouxtent le site du projet, les vues sont directes, le niveau d’enjeu est considéré comme fort.
À l’issue de la première étape, il est possible de déterminer :
- D’où le futur projet sera visible ;
- Quels sont les points de vue présentant des enjeux paysagers forts voire majeurs.
II. Analyse des impacts du projet sur le paysage et définition des mesures paysagères
Cette seconde étape vise à :
- Évaluer les impacts visuels du projet ;
- Rechercher des solutions d’atténuation ;
- Démontrer l’efficacité des mesures paysagères mises en place.
L’analyse des impacts du projet sur le paysage et la recherche de mesures d’atténuation se décline en 3 phases :
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Identification des impacts bruts
Ici, le projet est analysé dans sa version initiale (implantation, emprise, volumes). Ses effets visuels sont croisés avec les enjeux paysagers identifiés dans l’état initial, afin d’obtenir un niveau d’impact brut.
Par exemple : si le projet consiste à implanter des panneaux photovoltaïques sur un terrain agricole, il est susceptible de modifier la perception du site et du paysage alentour. Toutefois, s’il inclut la conservation de trames végétales jouant un rôle de filtre visuel depuis les lieux-dits à proximité immédiate, l’impact brut pour ces secteurs pourra être atténué, et passer de fort à moyen.
À ce stade, on identifie :
- Les impacts visuels du projet ;
- Les secteurs les plus affectés.
2. Recherche de mesures d’atténuation
Des solutions sont alors proposées pour réduire les impacts, par exemple :
- Masquer les vues (plantation de haies, création de merlons paysagers…) ;
- Limiter les perceptions (privilégier une implantation derrière un talus ou un bosquet…) ;
- Améliorer l’intégration du projet (choix des matériaux et des couleurs des clôtures, du bâti…).
Par exemple : il peut être envisagé de densifier une haie bocagère composée uniquement d’arbres de hauts-jets, en y intégrant des arbustes bocagers. Ces essences, « de bourrage », créeront un écran visuel capable de masquer un projet à hauteur d’homme.
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| Etat initial du paysage | Vue du projet sans mesures |
Vue du projet avec mesures |
3. Évaluation des impacts résiduels
Enfin, les impacts sont réévalués, en tenant compte des mesures d’atténuation adoptées (mesures ERC, Éviter, Réduire, Compenser).
Par exemple : si la densification d’une haie bocagère permet de créer un véritable masque visuel, un impact moyen (impact brut) peut être réévalué en impact faible (impact résiduel).
La seconde étape permet :
- De montrer que les impacts ont été réduits ;
- D’identifier les impacts persistants ;
- De conclure sur la compatibilité du projet avec le paysage existant.
En résumé :
Intégré aux études réglementaires, le volet paysager permet d’analyser les impacts visuels d’un projet sur son environnement et d’identifier les mesures nécessaires pour en limiter les effets.
Il constitue ainsi un levier essentiel pour assurer l’intégration harmonieuse du projet au sein du paysage et répondre aux exigences réglementaires.
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