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AMO Espèces protégées et suivi post travaux de chiroptères

AMO espèces protégées suivi chiroptères

L’historique du projet : contexte et objectifs 

Dans le cadre de la création des nouvelles lignes de tramway à Angers, le Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés (STRMTG) a prescrit l’examen de la solidité des ouvrages d’art que ces lignes franchiront.

Parmi ces ouvrages, les cadres canalisant les eaux du Brionneau à l’exutoire de l’étang Saint-Nicolas ont fait l’objet d’études spécifiques. Ces études (diagnostic et préconisations de travaux) ont prescrit la réparation des deux cadres béton, composant l’ouvrage, dont des fissurations avaient été identifiées.

Cet ouvrage permet l’écoulement du cours d’eau le Brionneau tout en faisant le lien entre deux espaces naturels sensibles : l’étang Saint-Nicolas et le Parc Balzac (voir carte ci-après). Il s’agit d’un des seuls corridors écologiques présents autour de l’étang Saint-Nicolas permettant la circulation des chauves-souris dans un tissu urbain dense.

Une première prospection de l’ouvrage réalisée par la LPO Anjou en juin 2020 a permis de constater la présence de plusieurs groupes de Murin de Daubenton sur l’ensemble des dalots en béton des deux cadres de l’ouvrage et la nécessité de mettre en place des mesures spécifiques à l’espèce pour les travaux.

En juin 2021, suite aux travaux dans le cadre 1 et à une forte montée en charge de l’ouvrage, 26 individus de Murin de Daubenton ont été recensés.

Les chauves-souris étant susceptibles d’occuper les ouvrages d’art en toute saison, une intervention de réfection de l’ouvrage ne pouvait pas avoir lieu entre mi-octobre et mi-mars (hibernation) ni entre mi-mai et mi-août (élevage des jeunes), périodes de forte sensibilité pour les chauves-souris.

La mise en place de mesures pour la protection du Murin de Daubenton

Le Murin de Daubenton est une espèce protégée ayant le statut “quasi menacé” sur la liste rouge des mammifères des Pays de la Loire et protégée à l’échelle nationale par l’article 2 de l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Cet article précise qu’il est interdit sur tout le territoire métropolitain et en tout temps la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux.

Chauve-souris Murin de Daubenton

Murin de Daubenton (Myotis daubentonii) – ©Gilles San Martin

Cette protection du Murin de Daubenton nécessite la rédaction d’un dossier de demande de dérogation à la destruction d’espèces protégées. Dans cette demande de dérogation s’inscrit la démarche Eviter-Réduire-Compenser. Des préconisations ont donc été faites pour appliquer au mieux cette démarche et limiter l’impact et le dérangement sur la population de Murin de Daubenton. En effet, le comblement des fissures pour restaurer l’ouvrage peut avoir des conséquences directes sur la faune en période sensible, notamment la mortalité de femelles adultes et de juvéniles de Murin de Daubenton. Ces perturbations pourraient remettre en cause le bon accomplissement du cycle biologique de l’espèce considérée, des mesures ont donc été proposées. 

Tout d’abord, des mesures d’atténuation.

TYPE DE MESURE INTITULÉ ET CODE « THEMA » [1]
Réduction MR1 : Respect des périodes de reproduction des espèces pour la réalisation des travaux (R3.1a)
MR2 : Cloisonnement et séquençage des zones de travaux, isolation sonore et lumineuse du chantier

[1] CEREMA, GUIDE THEMA Évaluation environnementale Guide d’aide à la définition des mesures ERC, 2018

La mesure d’atténuation MR1 prend en compte les périodes les plus sensibles pour les chauves-souris de mi-octobre à mi-mars (hibernation) et de mi-mai à mi-août (élevage des jeunes) afin de les éviter. La mesure préconise donc une intervention entre mars et avril, période où les chauves-souris sortent d’hibernation pour rejoindre leurs gîtes d’élevage des jeunes. En effet, le comblement des fissures pour restaurer l’ouvrage peut avoir des conséquences directes sur la faune en période sensible, notamment la mortalité de femelles adultes et de juvéniles de Murin de Daubenton. Ces perturbations pourraient remettre en cause le bon accomplissement du cycle biologique de l’espèce considérée. Une adaptation de la période des travaux préparatoires respectueuse des périodes de reproduction est à mettre en place. Ainsi, les comblements de fissures ont été réalisés en fin d’été ou au printemps.

La mesure d’atténuation MR2 concerne le protocole de travaux mis en place. Celui-ci prévoyait de réparer un cadre puis l’autre afin de laisser aux chauves-souris et à la faune aquatique un corridor.

En effet, bien que n’occasionnant pas de destruction d’habitats, les travaux de réfection allaient générer des perturbations (nuisances sonores et lumineuses, circulation d’engins et de personnes…)  risquant d’impacter la présence des animaux en période de forte sensibilité (hibernation, mise bas ou élevage des jeunes). Le cloisonnement des travaux et le séquençage des zones de travaux a permis de réduire fortement ce risque. Les travaux dans le cadre 1 ont eu lieu entre septembre et octobre 2020. 

Dervenn Conseils & Ingénierie a été mandaté pour accompagner les travaux dans le cadre 2.

Le séquençage des travaux prévoyait d’intervenir sur la partie amont du cadre 2 puis sur la partie aval afin de conserver une partie de l’habitat du Murin de Daubenton tout en limitant les nuisances avec le cloisonnement.

Le cloisonnement consistait à, premièrement, sur la partie aval, créer un coffrage bois avec une bâche noire et un filet pour isoler de la lumière et empêcher l’entrée d’individus dans la zone de chantier (voir schéma). Laisser quelques jours entre la mise en place du cloisonnement et le début du chantier pour que les éventuels individus présents puissent partir.

Une fois la partie aval terminée, l’opération a été reproduite sur la partie amont.

Les suivis de chiroptères post travaux

Les travaux ont été terminés en octobre 2021. Les suivis ont donc débuté à l’été 2022.

En 2022, 35 individus ont été observés principalement au niveau du regard de l’ancien parking Farcy bien que quelques individus isolés aient été observés dans le reste de l’ouvrage.

Suivi naturaliste d'une colonie de chauves-souris

Photo des individus présents au niveau du regard de l’ancien parking FARCY (2022)

En 2023, le nombre d’individus se portaient à 123 principalement localisés au niveau du regard de l’ancien parking Farcy bien que quelques individus isolés aient été observés dans le reste de l’ouvrage. 

Suivi naturaliste d'une colonie de Murin de Daubenton

Suivi d'une colonie de Murin de Daubenton

Photo de la colonie présente dans le cadre 1 (trentaine d’individus) et au niveau du regard de l’ancien parking FARCY (2023)

Entre l’état initial en 2020 et 2023, la population de Murin de Daubenton est en nette augmentation (de 80 individus en 2020 à 123 en 2023).

Les gîtes de compensation mis en place sur le fronton de l’ouvrage (afin d’être à l’abri des montées en charges de l’ouvrage) ne présentent pour l’instant de traces de colonisation.

 

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