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Libération- le 13/06/08

ECO-TERRE - AGIT'PROPRE

Lucie Lautrédou

 

 

De la Biodiversité à la Diversité sociale

 

Pas indispensable d’être docteur en microbiologie ou ingénieur écologue pour sauver la biodiversité. Dervenn, société de «génie écologique» créée en 2002, recrute des techniciens et des ingénieurs, mais aussi des personnes non-qualifiées, ne sachant ni lire ni écrire, issues de minorités sociales ou en difficulté. «Je vais faire des conférences en taule pour trouver des gens qui ont envie de se battre. C’est un travail très difficile physiquement», expliquait hier Patrice Valantin, directeur de la société bretonne, au Salon de l’environnement et des métiers durables, qui se tient cette semaine à Paris. «J’aimerais aussi trouver des jeunes de cités qui veulent travailler», poursuit l’ancien militaire, passé de la défense de la mère patrie à celle de Dame Nature.

 

Tourbière. Endiguer l’invasion des ragondins ou recréer une mare en bord d’autoroute, ça n’a l’air de rien. Pourtant, préserver la biodiversité n’est pas le travail de jardiniers du dimanche. Ainsi, cette tourbière finistérienne que le groupe de propriétaires a décidé de réhabiliter. Les engins de chantiers ont fini embourbés. C’est finalement les bras des salariés de Dervenn («chêne» en breton), qui tenteront de déraciner les arbres avec un treuil forestier «pour arracher les arbres sans tout détruire», appuie Jérémie Bourdoulous, président de l’association qui gère la restauration de la zone.

 

Privé. Même non diplômés, les 20 salariés de Dervenn touchent au moins 1 550 euros par mois. «On ne peut pas demander aux gens de se donner à fond et ne pas les payer en conséquence», justifie le chef d’entreprise. Objectif : un salaire de 2 000 euros par employé. Pour l’atteindre, Patrice Valantin se lance sur les marchés privés après les organismes publics (direction départementale de l’équipement, conservatoire du littoral). «Le public, c’est un dixième du territoire, le privé c’est neuf dizièmes. Pourquoi ne pas y réhabiliter la biodiversité ?» s’interroge Sébastien Dellinger, ingénieur. Entre compensation volontaire ou obligatoire et écologisme de vitrine, les entreprises ont tout intérêt à se lancer dans la préservation de leur environnement.

        Le 13-06-2008 par Laure Lautrédou- Libération

 

 

 
 

Dervenn, Génie écologique et biodiversité  - dernière mise à jour - 25 novembre 2011 - mentions légales