Pas
indispensable d’être docteur en microbiologie ou ingénieur
écologue pour sauver la biodiversité. Dervenn, société de
«génie écologique» créée en 2002, recrute des techniciens et
des ingénieurs, mais aussi des personnes non-qualifiées, ne
sachant ni lire ni écrire, issues de minorités sociales ou en
difficulté. «Je vais faire des conférences en taule pour
trouver des gens qui ont envie de se battre. C’est un travail
très difficile physiquement», expliquait hier Patrice
Valantin, directeur de la société bretonne, au Salon de
l’environnement et des métiers durables, qui se tient cette
semaine à Paris. «J’aimerais aussi trouver des jeunes de
cités qui veulent travailler», poursuit l’ancien
militaire, passé de la défense de la mère patrie à celle de
Dame Nature.
Tourbière. Endiguer l’invasion des ragondins ou recréer une
mare en bord d’autoroute, ça n’a l’air de rien. Pourtant,
préserver la biodiversité n’est pas le travail de jardiniers du
dimanche. Ainsi, cette tourbière finistérienne que le groupe de
propriétaires a décidé de réhabiliter. Les engins de chantiers
ont fini embourbés. C’est finalement les bras des salariés de
Dervenn («chêne» en breton), qui tenteront de déraciner les
arbres avec un treuil forestier «pour arracher les arbres
sans tout détruire», appuie Jérémie Bourdoulous, président
de l’association qui gère la restauration de la zone.
Privé.
Même non diplômés, les 20 salariés de Dervenn touchent au
moins 1 550 euros par mois. «On ne peut pas demander aux gens
de se donner à fond et ne pas les payer en conséquence»,
justifie le chef d’entreprise. Objectif : un salaire de 2
000 euros par employé. Pour l’atteindre, Patrice Valantin se
lance sur les marchés privés après les organismes publics
(direction départementale de l’équipement, conservatoire du
littoral). «Le public, c’est un dixième du territoire, le
privé c’est neuf dizièmes. Pourquoi ne pas y réhabiliter la
biodiversité ?» s’interroge Sébastien Dellinger, ingénieur.
Entre compensation volontaire ou obligatoire et écologisme de
vitrine, les entreprises ont tout intérêt à se lancer dans
la préservation de leur environnement.